Quaanaaq, polar groenlandais

Un bon polar en totale immersion dans la culture inuit. Quaanaq, inspecteur danois mais d'origine inuit, vient enquêter sur une série de meurtres à Nuuk  la capitale.

Groenland - côte ouest - Baie de Disko

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Départ le 16.09.2015 pour Aasiat, via Copenhague et Kangerlussuaq. Nous embarquons vers 1h00 du matin à bord du Rembrandt Van Rijn, goélette de 56 m. avec, à son bord, 25 passagers, 4 scientifiques accompagnants et l'équipage. Nous avons dû attendre le bateau qui a affronté une tempête avec des vents à plus de 50 nds pendant le voyage  précédent et qui s'est abrité pour attendre une meilleure météo.

Nous naviguons toute la nuit pour arriver à Illimanarq. L'approche d'Illulisaat, l'étape initialement prévue, n'est pas possible à cause de l'accumulation de glaces et d'icebergs devant le port, suite à la tempête.

 

Deux vols en hélicoptères sont prévus pour survoler et se poser sur le front du glacier d'Illulisaat qui vèle le plus grand nombre d'icebergs du cercle polaire arctique pour le premier vol et pour nous poser sur la calotte glaciaire pour le second vol.

L'hélicoptère, piloté par Stéphane, nous dépose sur l'Inlandsis après avoir frôlé les glaciers. Impressionnant !

Pascal, notre guide de montagne, nous équipe de baudriers et de cordes pour marcher sur la calotte glaciaire jusqu'à une bédière et un moulin. Louis, le glaciologue, nous explique le fonctionnement des glaciers.

Nous continuons vers le nord au milieu de glaces et d'icebergs impressionnants. Tout le monde se retrouve sur le pont avec le matériel photographique et les jumelles. Nous apercevons quelques phoques du Groenland et des rorquals communs, le second plus grand mamifère marin.

Nous arrivons à Qeqertaq, petit village de 150 habitants où Pierre, un de nos accompagnants spécialiste météo, a vécu un an en 1987. Il y a noué des relations avec la famille qui l'hébergeait et nous avons droit à un concert privé de la chorale qui compte 5 chanteurs et chanteuses.

Nous faisons une balade qui nous conduit à l'extérieur du village. Pierre nous montre le problème de l'évacuation des déchets, électroménagers surtout. Il est facile de commander au Danemark tous les appareils modernes mais rien n'est prévu pour leur évacuation. Ils s'entassent donc un peu à l'écart.

La petite chorale de Qeqertaq nous fait découvrir des chants traditionnels inuits.

Nous slalomons entre les icebergs à bord de nos zodiac pendant 1h30. Il fait très froid et nous sommes gelés. Malgré cela, nous sommes émerveillés par les formes, les dégradés de bleu et la masse de ces géants de glace.

Saqqaq est le dernier village avant de revenir sur Aasiat. Un petit village qui, comme la plupart des villages inuits, vit de la pêche et de moins en moins de la chasse. La banquise ayant fortement diminué dans la bais de Disko, les Inuits ont dû se diversifier, en se tournant vers la pêche au flétan qui abonde ici. Dans les villages, de petites usines de traitement du poisson se sont créées et permettent un revenu stable. 

 

Une nouvelle fois, nous devons affronter la glace et les icebergs pour redescendre sur Qeqertarsuaq (800 habitants) situé sur l'île de Disco. Le bateau vogue à moins de 2 nds (4 kms/h), comme à l'aller. Pendant la navigation de nuit, nous devons nous arrêter dans une baie et jeter l'ancre car il est impossible d'avancer dans ces conditions. L'équipage a beaucoup de mérite. Il y a toujours un homme à la proue du bateau, enveloppé dans un duvet, pour surveiller la glace, le radar ne suffisant pas.

Nous quittons la baie de Disko pour affronter la pleine mer. Le salle à manger au repas du soir est désertée par une bonne partie des convives. Il faut dire que le bateau tangue passablement. Nous longeons la côte pour embouquer le fjord de Kangerlussuarq, 190 kms et retrouver l'aéroport. La houle nous suit sur quelques dizaines de kms dans le fjord avant que notre bateau rejoigne une zone de calme.

Après 2 semaines passées sur cette superbe goélette, nous regrettons de ne pas avoir vu d'aurore boréale. C'est notre derière nuit à bord. Peu après minuit, le haut-parleur du bord nous réveille avec un discours en anglais. Jean-Paul est le premier à réaliser le pourquoi de ce réveil brutal. Nous sautons dans nos bottes et nos cirés avant de monter sur le pont où, pendant 45 minutes, nous admirerons une aurore boréale accompagnée d'une éclipse de lune. Nous sommes le 28 septembre.

Tout le monde est ravi de ce dernier cadeau avant le départ.

Nos accompagnants, glaciologue, météorologue spécialiste du Groenland, biologiste et guide de montagne ont partagé leurs connaissances lors de conférences organisées sur le bateau ainsi que lors d'excursions. Nous comprenons mieux maintenant les enjeux et les choix auquels sont confrontés les Inuits d'aujourd'hui. Ils sont 56'000 habitants avec une densité de population de 0,03 habitants/m2 (en Suisse 204). Leur mode de vie, leur environnement et leurs traditions changent rapidement. La banquise est de moins en moins présente en baie de Disco même en plein hiver. La pêche et le tourisme deviennent leurs principales sources de revenu.