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Juin 2004, nous prenons l'avion pour Oslo puis pour Longyearbeen au Svalbard. Le Svalbard est un archipel de l'océan Arctique, s'étendant entre 74° et 81° de latitude nord et dépendant de la Norvège. Il est formé de 30 îles qui s'étendent sur 62'050 km2.

A Longyearbeen, la capitale située au-delà du cercle polaire arctique, le soleil de minuit dure du 20 avril au 23 août et la nuit polaire du 26 octobre au 15 février.

Nous rejoignons notre voilier Southern Star de 24 mètres où nous retrouvons l'équipage, un skipper et un marin et les autres équipiers/passagers.

Nous prenons nos aises dans nos cabines.  L'avitaillement est déjà fait et nous pouvons lever l'ancre.

Les tâches sont réparties entre les équipiers qui seront de corvée deux par deux pour une journée complète. Avec le tournus, nous aurons chacun 2 jours où nous serons chargés des repas, de la vaisselle et du nettoyage du carré et de la cuisine. Certains de nos compagnons n'ayant pas été mis au courant par leur agence de voyages, sont très surpris, voire un peu mécontents.

Nous participons également à la conduite du bateau, en barrant et en prenant des quarts lors des navigations de nuit.

Nous  faisons du cabotage dans les fjords puis longeons l'île du Prince Charles pour nous rendre dans la Baie du Roi. Nous continuons en direction du glacier du 14 juillet.

Nous sommes en autarcie, avec des journées ensoleillées de 24 heures, à tel point qu'un des équipiers parti dormir sur le pont du bateau avec un cache sur les yeux, réussit à avoir un coup de soleil pendant son sommeil. Nous perdons le fil du temps. Il est impossible de connaître l'heure sans montre, pour des non autochtones en tout cas.

 

Soit nous jetons l'ancre pour la nuit, ce qui est souvent le cas, soit nous naviguons avec des quarts pendant lesquels nous barrons et surveillons la route.

Pendant la nuit, nous entendons des cris assez mélodieux qui résonnent dans la coque. Notre skipper nous explique qu'il s'agit du chant des phoques. Nous en apercevons quelques-uns mais ils sont plutôt timides. Nous avons la chance de voir des ours polaires, eux aussi assez éloignés, ce qui explique la mauvaise qualité des photos.

Nous continuons au large, dans l'espoir de toucher la banquise. Avec le Gulf Stream, l'eau libre est encore navigable à plus de 80°Nord.

Nous devons faire demi-tour sans l'atteindre pour tenir notre planning.

Ny-Ålesund est l'une des quatre agglomérations habitées de l'archipel et la localité la plus au nord du monde (78° 55′ N 11° 55′ E). En 1966, un centre international de recherche sur l'Arctique et la surveillance de l'environnement est construit. Malgré la faible population locale entre 50 à 150 habitants selon la saison, Ny-Ålesund a son propre aéroport et des ports.

Son bureau de poste est le plus septentrional et, de ce fait, connait un certain succès.

Sur le chemin du retour, nous essayons de passer dans le chenal du Forland entre le Svalbard et l'île du Prince Charles. Au loin, nous apercevons de la glace. Elle est de plus en plus dense. Notre skipper prend contact avec un brise-glace qui vient en sens inverse. Celui-ci nous déconseille de continuer car la couche est trop épaisse pour la coque, même renforcée, de notre voilier.

Nous faisons une halte pour observer une colonie de morses. Nous restons à distance respectable pour ne pas les déranger. Malgré cela, nous pouvons profiter de l'odeur soutenue de ces mamifères marins.

Notre repas du soir se compose de grillades faites sur la plage de galets et de pain. Il est près de minuit et il fait jour.

Le ciel est voilé, tout est en nuances de blanc et gris, seul le feu anime le paysage, nous avons l'impression d'être seuls au monde.

Encore deux étapes pendant lesquelles nous apercevrons encore un ours en train de nager, plusieurs ours sur la banquise et une petite troupe de belougas.

Le voyage prend fin à Longyarbeen mais laissera des souvenirs à chacun pendant longtemps.