Tour de Suisse/étape 3

Tour de Suisse - étape 3

Nous voilà repartis pour visiter la vallée de Binn en Valais et une partie des Grisons. Dans ces 2 régions, le camping sauvage est très peu toléré aussi nous avons décidé de faire un voyage cool, en restant plusieurs jours sur place et en profitant des transports publics pour nous déplacer. Dans la vallée de Binn, ce sont les cars postaux jaunes et dans les Grisons, ce sont les chemins de fer rhétiques qui méritent à eux seuls un chapitre.

Les fameux chemins de fer rhétiques 

Ils ont une particularité, ce sont des trains à voie étroite qui ne circulent que dans cette région sur 400 kms. Certains tronçons sont à crémaillère car les dénivelés sont importants. Le plus célèbre d'entre eux est sans aucun doute le Glacier Express. Il relie Zermatt en Valais à St-Moritz sur réservation uniquement. Son parcours emprunte 91 tunnels et 291 ponts et grimpe à 2033 m. au col de l'Oberalp.  

Le Binntal, situé en Valais, est une vallée accessible par une route étroite et un tunnel à voie unique de 2 kms. Les villages de Binn et Fälg sont particulièrement bien conservés et comportent beaucoup de très vieux chalets de mélèze. La spécialité de cette vallée est la minéralogie. 270 sortes de minéraux y ont été découverts, notamment dans la mine de Lengenbach dont une douzaine de minéraux uniques au monde. De belles promenades se font le long de la Binna ainsi que des randonnées plus longues sur les sommets environnants. 

Gletsch

Pour accéder aux Grisons depuis Binn, il faut passer par les cols de la Furka 2429 m. et l'Oberalp 2044 m. Par beau temps, les paysages sont somptueux. A Gletsch, le village de départ des cols de la Furka que nous allons prendre et celui du Grimsel qui part sur l'Oberland bernois et le lac des 4 cantons, nous pouvons voir le résultat de la fonte du glacier du Rhône. Celui-ci descendait jusqu'à Gletsch à la fin du 19ème siècle. Aujourd'hui, nous ne voyons plus que les roches abrasées par la langue du glacier.

Nous nous installons à Sumvigt dans la vallée de Surselva. Depuis là, nous prenons le train pour Disentis et retour à pied puis, le lendemain, pour Coire (Chur) pour visiter cette petite ville, chef-lieu du canton. Depuis le train, nous longeons le Rhin et passons dans les gorges avec une vue spectaculaire sur les rochers et les hautes falaises. Coire est une petite ville sympa avec des maisons peintes. De  nombreuses terrasses invitent à s'y restaurer. Nous en profitons pour faire quelques achats dont une petite cafetière à piston.

La météo est très pessimiste pour les prochains jours. Nous quittons cette vallée qui est signalée en danger rouge (4) pour Zernez en Engadine qui est en danger jaune (2). La pluie nous rattrape lors de la montée du col de la Fluela 2383 m. et le brouillard au sommet du col. Nous nous installons au camping de Zernez pour quelques jours, en attendant que le temps revienne au beau. 

Petite parenthèse sur les cols dans ce canton. Il est pratiquement impossible de circuler sans passer par un col. Parfois il existe une autre alternative : mettre le véhicule sur un train. C'est notamment le cas pour la Furka et l'Oberalp ainsi que la Fluela. Cela évite de nombreux virages sur des routes plus ou moins larges mais le trajet se fait dans des tunnels.

Nous apprenons que la route que nous avons prise hier a été fermée par des chutes de pierre suite aux fortes pluies.

Notre camping se trouve au bord de l'Inn, une des rivières dont la crue est annoncée. De paisible rivière lors de notre arrivée, elle est devenue un torrent impétueux au bout de 2 1/2 jours de pluie. Heureusement, il y a de la marge entre son lit et les emplacements du camping. Pendant ces 2 1/2 jours, pas grand chose à faire sinon lire, faire des sudokus ou jouer aux cartes.  

  • L'Inn en crue

  • L'Inn en crue

  • La neige n'est pas loin ...

Le beau temps tarde à revenir. Nous profitons de la grisaille pour visiter la vallée de Scuol. Nous avions prévu de passer aux bains mais ils sont fermée actuellement. La pandémie sévit partout. 

En Suisse, avec notre fédéralisme qui octroie une grande marge de manoeuvre aux cantons, il est difficile de savoir quelles sont les restrictions en vigueur. Certains cantons exigent le masque dans les commerces, d'autres non et ça change d'un jour à l'autre. Autre difficulté : savoir dans quel canton nous nous trouvons. 

Nous sommes en Basse Engadine et l'architecture des maisons ainsi que leur décoration est très différente de la vallée de Surselva. Il n'y a pratiquement plus de chalets mais des maisons peintes. La tradition se perpétue car les nouvelles constructions gardent ce cachet assez particulier. Ci-dessous : quelques photos.

Le château de Tarasp domine le village. Actuellement, il se visite certains jours seulement. Les ruelles du petit village de Sparsels qui se trouve juste à côté de Tarasp sont très étroites. C'est vraiment charmant. Nous apercevons 2 chevaux "dalmatiens". Ils sont blancs avec une multitude de taches noires rondes.  

Nous décidons de changer un  peu notre programme et partons pour le Val Müstair. Cette vallée conduit en Italie par 3 routes, soit le fond de la vallée, soit par un tunnel qui traverse en direction de Livigno en Italie, soit encore par le col de l'Umbrail (2501 m.), le plus haut de Suisse. Cela n'est pas dans nos projets mais nous y sommes passés en 2015. Il faut aimer les virages !! mais c'est superbe. 

Depuis Zernez, nous empruntons le col del Fuorn. A Il Fuorn, se trouve une des maisons du Parc National. De là partent plusieurs randonnées plus ou moins longues ou difficiles. Nous reviendrons nous y balader.

Conseil du jour : télécharger l'appli iWebPark en français avec les randonnées, les indications de temps, dénivelé, accès etc... et informations où il est possible (mais pas certain du tout) d'admirer des animaux dans leur habitat. 

Nous nous installons au camping de Müstair où nous retrouvons presque le même emplacement qu'en 2015 (nous campions avec une tente). Les lamas sont toujours là, prêts pour partir en randonnée avec les touristes. De là, nous pouvons faire des belles balades dans la vallée. Nous avons retrouvé le soleil et des températures agréables. Les villages de cette vallée sont très charmants et nous retrouvons les peintures murales sur les maisons ainsi que les rues très étroites.  

Nous choisissons de grimper à l'Alp Grimmels où nous devrions apercevoir des marmottes. Nous partons avec tout l'attirail : jumelles, appareils photo, téléobjectif en espérant que nous aurons plus de chance que la dernière fois où nous étions rentrés bredouilles. Le Parc National n'est de loin pas un zoo et les meilleures chances de voir des animaux sont tôt le matin et en fin de journée, horaires qui, il faut l'avouer, ne nous conviennent pas vraiment. Nous partons du parking 1 et allons faire une boucle. Le sentier grimpe dans les mélèzes et les pins. C'est très beau. Nous arrivons dans un petit vallon puis suivons le sentier de l'Alp Grimmels où nous verrons beaucoup de terriers de marmottes et finalement des marmottes. Elles se tiennent assez loin mais avec les jumelles, nous pouvons les observer. Nous apercevons également un gypaète barbu qui nous survole. Sa réintroduction dans le parc a pleinement réussi. 

Autre moyen de transport dans les régions de montagne : les cars postaux jaunes

Ils grimpent à l'assaut des cols et des routes de montagne. En cas de croisements difficiles ou de routes étroites, ils font sonner leur klaxon, reconnaissable loin à la ronde. Ils sont évidemment prioritaires et si vous entendez leur klaxon (vidéo à voir et surtout écouter), préparez-vous à vous garer pour les laisser passer.

Cars postaux au col Il Fuorn dans les Grisons

Départ pour Morteratsch (1896 m.). Le camping est particulièrement sympa. Il se trouve près de la Bernina avec un petit lac et plusieurs ruisseaux qui coulent dans le camping. Les emplacement se trouvent éparpillés sous les arbres ou près des ruisseaux. De là, nous pouvons faire des balades à pied ou à vélo. En 20 minutes à pied, nous sommes à la gare de Morteratsch pour prendre le train de la Bernina. Certains font du paddle sur le petit lac avec vue sur le massif de la Bernina et le glacier de Morteratsch. Malheureusement, ce glacier suit le même processus que tant d'autres, il diminue chaque été. 

Départ en train pour Carvaglia. Le train nous conduit à 2253 m. pour passer le col de la Bernina. Les vues depuis le wagon sont extraordinaires, lacs de montagne, sommets enneigés, glaciers et soleil. Le trajet dure une cinquantaine de minutes et nous arrivons à Carvaglia. Nous partons faire la balade des marmites glaciaires. C'est beau et intéressant. L'an prochain (2021), il est prévu d'allonger le sentier dans un canyon. Nous mangeons des "capunet" sur une terrasse. Nous ne savons pas ce que c'est mais nous sommes là pour goûter aux spécialités locales. Ce sont des sortes de gnocchis aux épinards et herbes gratinés avec du fromage. Nourrissant mais bon.

C'est le moment de rentrer. Nous quittons les Grisons par le col du Julier après être passés à St-Moritz et Silvaplana. Les lacs sont magnifiques et sont très réputés auprès des véliplanchistes et kite-surfeurs. Aujourd'hui, il n'y a pas de vent alors c'est très calme. Le col n'est pas très haut 2284 m. La descente sur Tiefencastel est très bucolique. Nous suivons la Julia et arrivons à Mulegns. Au centre du village, j'aperçois une vieille maison qui semble posée sur des rails de chemin de fer. Bizarre et pourtant un souvenir me revient. Il y a quelques jours, j'ai vu aux infos qu'une maison inscrite au Patrimoine mondial avait été déplacée sur des rails avec un son et lumière. Tout cela pour élargir la route qui était, à cet endroit-là, particulièrement étroite. Cela se passait à Mulegns, c'est-à-dire, ici.

A Tiefencastel, nous nous arrêtons pour voir le viaduc au-dessus des gorges de l'Albula. Malheureusement, il n'y a pas de train. Au moment de partir, j'entends le bruit du train et me précipite pour prendre la photo. C'est plus sympa avec un beau train rouge !

Nous  montons une nouvelle fois l'Oberalp mais la météo l'annonçait, le temps a changé et nous arrivons au col dans le brouillard. Il est épais et c'est pénible. Andermatt est également dans le brouillard. Pas question de refaire la Furka avec ce temps mais heureusement, il y a une solution : le train. A Réalp, nous montons sur un wagon ouvert qui nous mène du canton d'Uri au canton du Valais en 20 minutes par un long tunnel. Nous en profitons pour manger un morceau, attablés dans notre fourgon. Côté Valais, nous retrouvons une météo beaucoup plus clémente pour rentrer.